La langue des signes : et si on s’y mettait ?

La langue des signes : et si on s’y mettait ?

Comment dire bonjour en langue des signes, vous êtes-vous déjà posés la question ? Moyen très efficace pour communiquer avec et entre personnes sourdes, c’est une langue visuelle et gestuelle aussi riche qu’une langue parlée ! La langue des signes française LSF, par exemple, est parlée couramment par près de 100 000 personnes selon la Fédération Nationale des Sourds de France. Et on y compte aussi bien des personnes malentendantes, sourdes ou entendantes. Depuis plusieurs années, elle fait de plus en plus d’émules. Venez découvrir avec moi cette langue fascinante.

 

Histoire et caractéristiques de la langue des signes

L’histoire mouvementée de cette langue en mouvements

La langue des signes est intimement liée aux personnes sourdes. Et l’histoire n’a pas toujours été tendre avec elles… Pendant longtemps, elles ont été considérées comme des simples d’esprit. Elles étaient alors isolées et réduites à utiliser une gestuelle assez simpliste.

 

Au Moyen-Âge, le contexte leur a été un peu plus favorable, notamment dans les monastères cisterciens. En effet, le vœux de silence a permis aux gestes de remplacer la parole et certains baptêmes et cérémonies étaient célébrés en langue des signes.

 

À partir du XVème siècle, on commence enfin à les considérer comme des individus à part entière, notamment grâce à certains artistes sourds dont Ombrien Pinturicchio. Léonard de Vinci, Montaigne, Descartes, et bien d’autres, sont d’ailleurs fascinés par leur langue.

 

Il faut attendre le XVIIème siècle pour que l’Abbé de l’Epée permette à la langue des signes d’être enseignée et perfectionnée. Elle existait depuis fort longtemps mais n’était pas encore normée. Il ouvre alors la première école pour les sourds et, avec l’aide de ses élèves, invente un alphabet. Le mouvement gestualiste voit le jour. Son enseignement rencontre un tel succès qu’il se diffuse dans toute l’Europe ainsi qu’aux Etats-Unis. Mais cet âge d’or ne dure pas.

 

En 1880, se tient le Congrès de Milan, un congrès international pour l’amélioration du sort des sourds (vous remarquerez bien vite l’ironie). Et, la langue des signes est… interdite !

 

Elle est alors qualifiée de langue des singes par les membres, dits oralistes, de ce congrès (pratiquement tous entendants). Elle ne permettrait pas de communiquer avec Dieu et empêcherait les sourds de bien respirer, entraînant la tuberculose. Ils considèrent que les personnes sourdes doivent apprendre à parler pour intégrer la société, niant complètement leurs particularités et leur culture. En effet, au-delà de la parole, c’est toute une culture Sourde qui s’est développée.

 

Après ce congrès, et durant près d’un siècle, la langue des signes est méprisée et pratiquée de manière clandestine. Les sourds sont alors obligés de parler et lire sur les lèvres. Il faut attendre… 1991, en France, pour qu’une loi autorise enfin l’apprentissage de la langue des signes. Cependant, elle est seulement considérée comme un moyen pédagogique. Ce n’est qu’en février 2005, qu’elle est reconnue comme une langue en tant que telle.

 

Malheureusement, encore aujourd’hui, tous les enfants sourds ne peuvent pas accéder à un enseignement dans leur propre langue. Il existe pourtant des écoles bilingues (pour apprendre le français parlé et la LSF) mais elles ne sont que trop rares sur le territoire.

 

Mais alors, c’est quoi la langue des signes ?

La langue des signes est majoritairement utilisée par les personnes sourdes et muettes pour communiquer. Ah, petite précision, l’expression « sourd-muet » est souvent utilisée car beaucoup de personnes qui n’entendent pas, n’utilisent pas le langage parlé. Ce qui est assez logique : lorsque l’on parle, on ne fait que reproduire les sons que l’on entend.

Il s’agit d’une langue visuelle et gestuelle, basée sur les mouvements et les positions des doigts et des mains ainsi que les expressions du visage. C’est un tout autre modèle linguistique.

 

Tiens d’ailleurs, quelle est la différence entre la langue des signes et le mime ?

 

Contrairement à la première, le mime est plus imagé et basé sur des déplacements et mouvements du corps. La langue des signes, elle, est beaucoup plus complexe. Mais saviez-vous que Charlie Chaplin, pour perfectionner le jeu de ses personnages, s’est beaucoup fait aidé par son ami sourd, Grandville Redmond ?

La langue des signes est différente du mime

Ce n’est pas Marcel Marceau qui dira le contraire

 

Aussi, vous n’apprenez pas LA langue des signes mais UNE langue des signes.

 

Avez-vous remarqué que j’ai employé à plusieurs reprises l’expression « langue des signes française » ou LSF ? En effet, la langue des signes n’est pas universelle. Il en existerait près de 120 ! Chacune est propre à son pays et possède sa propre logique et son vocabulaire. D’ailleurs, certains mots et expressions sont typiques du pays, voire de la région, dans lequel ils sont utilisés. En français, par exemple, pour dire «papa», vous devez pincer la moustache, tandis que « maman » peut se dire de 7 manières différentes !

 

Comme pour la langue orale, elle peut emprunter des signes à d’autres langues. À ce propos, 60% de la langue des signes américaine a pour origine celle des français (rappelez-vous l’enseignement de l’Abbé de l’Epée) !

 

Bon, pour être tout à fait honnête, il existe la Langue des Signes Internationale (LSI). Cependant, elle n’est pas officielle, est peut pratiquée et parfois même rejetée car il lui est reproché de ne pas traduire les différences culturelles de chaque pays et que celles-ci s’effacent au profit de la standardisation.

Le langage des signes est un monde à part entière, riche, avec sa propre complexité. D’ailleurs, certaines expressions ne peuvent être traduites littéralement en langue parlée car elles ne se comprennent que par ceux et celles qui pratiquent la langue. Il s’agit un geste d’esprit. 😉

 

Comment apprendre la langue des signes française ?

Quelques informations à savoir avant de se lancer

La langue des signes française n’est pas du français signé, elle a sa propre syntaxe.

Et vous le remarquerez, vous comprendrez facilement la signification de certains signes, plus imagés, qui font directement référence à notre expérience plus ancrée dans le « pratique ». C’est ce qui s’appelle l’iconicité.

C’est d’ailleurs très intéressant de remarquer à travers cette langue, les traces de la culture du pays duquel elle provient. Par exemple, en chinois, « manger » fait référence à l’utilisation des baguettes.

Et comme toute langue, il faut prendre son temps pour l’apprendre et apprendre ses bases (les couleurs, chiffres, jours, etc.). Apprendre les mots vient avant la formulation des phrases.

Mais, combien de temps faut-il pour apprendre la langue des signes ?

Évidemment, tout dépend de chacun, de sa motivation et son investissement. Cela peut prendre plusieurs mois pour apprendre les bases et quelques années pour bien l’intégrer. Comme tout, cela demande du temps !

Parler avec ses mains

Parler avec ses mains, tout un programme !

À savoir également, que les pratiquants de ce langage visuel et gestuel utilisent beaucoup d’expressions faciales. Elles ne sont pas à négliger car elles donnent beaucoup de renseignements. On pourrait dire que c’est l’équivalent du ton qui change selon nos humeurs.

Maintenant, comment se lancer dans le bain ?

 

Les différentes manières d’apprendre la LSF

Il existe plusieurs façons d’apprendre la langue des signes et je vous conseille vivement de les combiner pour progresser plus facilement.

 

Les ressources sur Internet

Pour apprendre la langue des signes, le visuel est la clé ! Et gloire à Internet pour nous permettre d’accéder à autant de ressources du genre !

Voici quelques moyens qui vous seront utiles :

  • L’application et le site internet incontournables : Elix. Il en existe d’autres bien sûr, mais c’est la référence. Il s’agit d’une sorte de dictionnaire visuel qui comporte plus de 13 500 signes et propose la traduction vidéo d’un mot en langue des signes.
  • Les réseaux sociaux : sur Instagram, jetez un œil au compte lsfcombat et sur Twitter, suivez le hashtag #damefannysigne.
  • Les chaînes et vidéo Youtube : il existe quelques Youtubeurs sourds qui proposent des vidéos sur leur quotidien, comme Lucas Wild, mais aussi pour apprendre la langue telle que MélanieDeaf et sa seconde chaîne Signe2Mains.
  • Les médias en langue des signes. Et oui ! Ne pas entendre ne signifie pas ne pas s’informer ! Faites un tour sur L’œil et la main ou encore Média’Pi.

 

Prendre des cours auprès d’une association ou d’une école LSF

Les écoles et associations, comme Visuel, sont aussi là pour ça. Elles proposent des cours ou même des stages pour apprendre la langue des signes. Vous pouvez aussi vous tourner vers l’Académie de la Langue des Signes Française.

Certains profs proposent également des cours particuliers de LSF.

 

Des livres pour apprendre des signes ?

Il existe aussi des livres mais l’approche n’est pas toujours évidente car il faut bien regarder les images, les flèches et les mouvements. Aussi, je me garderais bien de vous en conseiller !

 

Rencontrer des sourds

Enfin, comme pour toute langue, il faut parler avec les personnes qui la pratiquent (c’est tout l’intérêt, non ?). Aussi, rencontrez des personnes sourdes, et plusieurs ! En effet, comme pour la langue orale, chaque personne a sa propre manière de parler, signer, sa langue. Cela vous permet à la fois d’apprendre des expressions pi-sourdes (en LSF, “pi” est employé lorsque c’est caractéristique d’un individu, d’un groupe), des expressions faciales, de nouveaux mots, etc.

Si vous êtes sur Paris, le Café Signes, dans le 14ème, est un lieu de rencontres entre sourds et entendants qui savent signer. Mais il existe pleins d’autres endroits, en France, pour se retrouver !

En fait, vous apprenez tout simplement une nouvelle langue étrangère mais… en silence !

 

Quel métier exercer grâce à la langue des signes ?

Tout comme les langues recherchées lors d’un recrutement, la langue des signes peut être un vrai atout.

Concernant la langue à proprement parler, il existe différents débouchés :

  • Interprète en langue des signes ;
  • Guide-conférencier ;
  • Professeur de langue des signes ;
  • Éducateur pour enfants sourds.

Penchons-nous particulièrement sur le métier d’interprète en LSF dont la demande est très importante.

Vous traduisez à la fois les propos des sourds et ceux des entendants, en expliquant aussi bien le sens que le contexte. Vous faites le lien entre un sourd et un entendant dans toutes les interactions du quotidien : chez le médecin, banquier, notaire, etc. Cependant, vous devez être capables de vous adapter car vous êtes souvent amenés à vous déplacer et changer d’environnement.

Vous pouvez travailler dans tous types d’organismes (entreprise, institution, association, organisation internationale) mais aussi en indépendant. Le salaire commence aux environs des 1 500 € et peut vite augmenter selon la spécialisation et l’expérience.

Si vous souhaitez plus d’informations sur le métier et les formations d’interprètes LSF (présentes sur Lille, Paris, Rouen et Toulouse), je vous conseille vivement de vous rendre sur l’AFILS.

Une interprète LSF en devenir ?

Une interprète LSF en devenir ?

Mais la langue des signes peut servir dans toutes les professions. Pratiquement tous les métiers aux savoirs assez techniques, en relation directe avec des clients ou des patients, ont besoin de personnes qui savent signer :

  • Avocats ;
  • Policiers ;
  • Notaires ;
  • Médecins ;
  • Infirmiers ;
  • Aides-soignants ;
  • Auxiliaires puéricultrices ;
  • Assistant de vis scolaire ;
  • Orthophoniste ;
  • Moniteurs d’auto-école ;
  • Banquiers ;
  • Chargés de clientèle ;
  • Assureurs, etc.

La liste est longue !

Vous pouvez très bien passer une formation en complément de votre diplôme principal.

Pratiquer la langue des signes apportera une dimension supplémentaire à votre métier car vous pourriez tout à fait être amenés à rencontrer une personne sourde. Elle rendra vos services plus ouverts et accessibles.

Je me permets tout de même d’indiquer que certains personnes sourdes tout aussi compétentes que les entendantes rencontrent des difficultés pour trouver un poste, du fait de leur surdité, même en étant interprète LSF ou guide-conférencier !

Apprendre la langue des signes c’est aussi, finalement, participer à la construction d’une société plus inclusive. C’est le signe (tiens donc) d’une plus grande ouverture mais aussi d’une plus grande tolérance.

Alors, des partants ?

 

10 conseils pour apprendre une langue

10 conseils pour apprendre une langue

Acheter un gros bouquin, aller dans le pays, prendre des cours, c’est quand même pas bien facile à mettre en place. Il est très probable que vous n’ayez ni le temps, ni l’envie, ni l’argent pour cela. Heureusement, il existe des alternatives pour vous lancer. Nous vous livrons 10 conseils pour apprendre une langue facilement. Prêts ? C’est parti.

 

La télé à bon escient

Selon une étude Ô combien sérieuse, chaque français passe en moyenne 3 heures devant un écran de télévision. C’est quand même énorme quand on pense que ça représente un huitième de notre journée. Pour la plupart d’entre nous, nous consacrons 100% de ce temps de visionnage dans notre langue maternelle. Autant vous le dire franchement, c’est de la perte de temps. Je vous explique pourquoi.

 

On a constaté qu’apprendre une langue ne nécessite pas de gros efforts. En revanche, cela nécessite de petits efforts, réguliers et continus. En général, 10 à 15 minutes par jour suffisent pour parvenir à de super résultats en quelques mois. Donc, au final, sur les trois heures de télé par jour, pensez à dégager 10 minutes dans la langue que vous souhaitez apprendre ! Vous pouvez naturellement adapter ce temps en fonction de votre niveau et votre motivation : pas moins de 5 minutes à plusieurs dizaines de minutes.

Réduire son temps de visionnage en français pour passer progressivement à votre langue d’apprentissage. Ça, c’est un gage de réussite !

 

Les bouquins à bonne dose

Pareillement, j’ai été agréablement surpris d’apprendre que les français sont loin d’avoir renoncé à la lecture. En effet, l’étude du centre national du livre met en lumière le fait que 87% des interrogés se déclarent lecteurs. Pour nos amis résidant en dehors de métropole, j’imagine que le constat est sensiblement le même ? Bref, tout ça pour dire que nous sommes encore très majoritaires à nous retrouver à un moment donné avec un bouquin entre les mains.

 

Pourquoi ne pas profiter de cette super occasion pour progresser en langue ? De tout petits réflexes peuvent conduire à de grands résultats ! Je vous donne trois façons de faire :

 

  • A chaque page que vous lisez, vous sélectionnez une phrase que vous traduisez en direct, à voix haute (bien plus efficace que dans votre tête)

 

  • A chaque page, vous choisissez un mot (ou plusieurs selon votre motivation) que vous êtes incapable de traduire dans votre langue maternelle et vous allez le chercher dans le dico.

 

 

Une bonne application

Je ne vous cacherai pas que je passe un temps considérable sur mes applications de langue. Je trouve que c’est pratique, économique et ludique. Elles ont également le gros avantage d’être disponibles tout le temps. Pour autant, elles ne vous permettront pas de devenir bilingue. Elles vous aideront à bien avancer dans votre apprentissage. Soyons clairs, certains d’entre vous considèrent qu’elles ne sont pas réellement efficaces. Je ne suis pas d’accord. Je considère qu’il vaut mieux être dans le jeu plutôt qu’en dehors en calculant le bon moment pour rentrer sur le terrain.

 

Nous aimons trois applications en particulier. La première c’est Babbel. Elle est bien faite, elle répond à de nombreux besoins qu’ont les linguistes débutants voire intermédiaires et elle aide à comprendre simplement des notions difficiles. La deuxième c’est MosaLingua. Elle gomme le problème de mémorisation du vocabulaire. Avec elle dans la poche, l’acquisition de nouveaux mots n’est plus une tannée. Enfin, nous aimons beaucoup Duolingo, parce qu’elle est gratuite (à la différence des deux premières) et parce qu’elle est très sympa à utiliser.

 

Les post-its partout

Il faut bien le dire : apprendre une langue sans être immergé.e dedans, c’est compliqué. Le but pour vous, si vous souhaitez apprendre en continu et sans effort, c’est de parvenir à re-créer un environnement multilingue. En somme, ça veut dire que si vous adorez la chantilly, vaut mieux plonger dans la piscine qui en est remplie, plutôt que de la regarder de loin. Plus sérieusement, les post-its sont une des méthodes qui marchent le mieux.

 

Le concept est assez simple : vous collez des post-its partout autour de vous. Sur les objets, sur les murs, sur les portes, sur vos enfants. Dessus vous écrirez la traduction de l’objet sur lequel le post-it est collé. Plus vous diversifierez les petits papiers jaunes, mieux ce sera. Pour aller plus loin, vous pourrez aussi y écrire les verbes d’action qui se rapportent à l’objet. Exemple : si vous collez un post-it sur une voiture, vous pourrez y écrire « Car – To drive ». Ca marche du tonnerre, vous verrez ! 

 

Les défis contre le dictionnaire

Bien souvent, nous faisons le constat que nous ne comprenons rien à ce qu’on nous dit. On se cache derrière le fait que la personne parle trop doucement ou que son accent est trop fort. Dans bien des cas, ce n’est pas pour cette raison que vous êtes perdu.e.s. Ce qui fait défaut, c’est bel et bien le vocabulaire. Plus vous en avez plus vous comprendrez vos interlocuteurs. Mais encore faut-il pouvoir en apprendre assez pour être à l’aise.

 

Le défi contre le dictionnaire est une idée assez simple. Elle vous prendra environ 1 minute de votre temps. Vous ouvrez au hasard un dictionnaire côté langue cible une fois, deux fois, trois fois et choisissez un mot. Si vous le connaissez, vous gagnez. Si vous l’ignorez, vous perdez … et donc vous l’apprenez ! Le premier arrivé à trois points gagne.

 

Apprendre une langue défi contre dictionnaire

Essayez d’en savoir plus que votre dictionnaire. Tôt ou tard, vous en saurez plus que lui.

 

La douche bavarde

Contrairement à ce que je vous préconisais plus haut, je vous déconseille de coller des post-its dans la douche. Pas besoin de m’expliquer sur ce point, j’en suis sûr. Pour revenir à nos moutons, je dirais que la douche est un endroit idéal pour progresser en langue. L’intense activité de shampooinage étant presque mécanique, on peut en déduire que votre tête est libre de s’exercer. Je m’explique.

 

Sous la douche, vous pouvez réfléchir à ce que vous voulez. Vous avez quelques minutes devant vous, ça tombe bien ! C’est le moment idéal pour passer en revue les tâches de la journée. Je vous conseille de parler à voix haute, dans la langue que vous apprenez, et d’énoncer ce qui vous attend aujourd’hui. Vous verrez, le fait de parler seul n’est pas dénué de sens. Au contraire ! Vous verrez quels mots de vocabulaire vous manquent, quelles tournures grammaticales vous font défaut et vous pourrez corriger le tout faisant les recherches qui vont bien dans la journée !

 

La radio muette

Si vous faites des trajets en voiture ou dans les transports, il est possible que vous écoutiez la radio. Encore une fois, vous pouvez profiter de cette occasion pour progresser en langue. La recette du succès tient en très peu de choses :

 

  • Allumez votre radio
  • Ecoutez ce que les journalistes disent
  • Éteignez votre radio
  • Réagissez à voix haute (ou dans votre tête mais c’est pas idéal) au sujet

 

Je recommande chaudement la méthode du « parler tout seul ». Le premier avantage, c’est qu’en parlant à voix haute, vous vous rendrez compte vous-même de la qualité de votre prononciation. Ensuite, vous verrez qu’il vous manque des points de grammaire ou du vocabulaire. En corrigeant le tir et en appliquant cette méthode régulièrement, vous allez cartonner !

 

Apprendre une langue éteindre radio

Ecouter la radio en voiture est une occasion à saisir pour s’exercer à parler une langue étrangère.

 

Les textos bilingues

Déjà sept conseils pour apprendre une langue ! Pour rafraichir vos connaissances sans passer par la case « orale » vous avez une petite astuce très simple à mettre en place. Elle ne vous paraîtra pas naturelle, mais passées les premières hésitations vous pourrez passer le cap sans aucun effort. Dans votre entourage, il y a forcément une personne qui parle plus ou moins anglais. Encore une occasion à saisir.

 

Sur les 10 textos que vous allez lui envoyer, écrivez-en deux dans votre langue cible. Ça vous coûte quoi ? Rien du tout. Si vous vous mettez d’accord avec la personne, il n’y aura pas de surprises et vous ne vous exposez pas du tout à des rires puisque vous ne parlez pas. Voilà, comment passer quelques secondes de plus à parler une langue étrangère.

 

Le sport auditif

Pour tous les adeptes de salle de sport, les podcasts sont très faciles à se mettre dans l’oreille. Encore une fois, il n’est pas question d’écouter un podcast pendant l’intégralité de votre exercice. Cela va vite vous décourager, voire nous ennuyer.

Pareillement, il y a fort à parier que lors de vos phases de montée en puissance, vous ne serez concentré.e que sur votre effort et vous n’entendrez plus du tout ce que vous écoutez. Alors pour faire simple, commencez par quelques minutes d’écoute après la première suée et une fois que vous êtes dans le rythme.

 

Les collègues d’opportunité

Encore une méthode peu naturelle au premier abord. Pourtant, elle peut être extrêmement motivante. C’est très simple. Identifiez les bonnes personnes autour de vous. Celles qui parlent la langue que vous apprenez et mettez ce savoir à votre profit.

 

Vous l’aurez compris dans cet article, tout est question de mesure. Si, du jour au lendemain, vous demandez à cette personne de ne plus vous parler en français mais dans votre langue cible, la situation risque de devenir étrange voire inconfortable. Dans ce cas, ayant recours à la mesure. Commencez gentiment avec l’échange de quelques phrases. Puis augmentez tranquillement si vous avez gagné en confiance.

 

Conclusion

Que devez-vous retenir de ces 10 conseils pour apprendre une langue ? Le premier c’est que vous pouvez tout mettre en œuvre sans débourser un centime. Le second c’est que les 15 minutes d’études quotidiennes que nous recommandons sont tout à fait atteignables sans le moindre effort ! Je vous en fais la démonstration : la télé (5min) + les bouquins (2min) + appli (5min) + dico (1min) + radio (2min) + sport (5min) + texto (1min) + collègues (2min) + post-it (2min) + douche (3min) = 28 minutes. Simple comme bonjour et indolore. A vous de jouer.

 

A lire aussi :

 

Combien de temps pour apprendre une langue ? Partie 1

Combien de temps pour apprendre une langue ? Partie 1

Si vous êtes sur le point d’apprendre une langue, il est tout à fait naturel que vous vous demandiez dans combien de temps vous serez autonomes. Dans cet article, je vous propose de découvrir comment parvenir à des résultats efficaces en gérant bien votre temps. Je vous montrerai également que vous avez le temps d’y consacrer quelques minutes tous les jours malgré un emploi du temps de ministre. Mais je tiens à vous prévenir d’entrée de jeu : apprendre une langue est un travail de longue haleine. Cependant, il existe quelques techniques pour aller plus vite ! Allez, je vous dis tout ! ??

Apprenez à gérer votre temps

Beaucoup de raisons peuvent vous pousser à apprendre une nouvelle langue. Si vous vous engagez dans cette voie-là, je vous félicite ! ? C’est une décision courageuse et qui vous ouvrira de nombreux horizons. La première chose que vous devez garder à l’esprit, c’est que vous devez vous dégager du temps, tous les jours, pour arriver à des résultats.

Certains d’entre vous pensent qu’ils n’ont pas le temps, que leur vie familiale et professionnelle sont trop chronophages pour laisser place à une “distraction linguistique”. Je vous montre pourquoi cette acception est complètement fausse. De même, d’autres veulent aller trop vite en faisant une boulimie de vocabulaire ou de grammaire. Alors, pour s’armer de la meilleure méthode possible, je vous recommande de suivre les conseils qui suivent. ?

 

Vous avez le temps !

Vous êtes chargé(e) de famille, vous bossez énormément ou vos hobbies vous prennent un temps fou ? Eh bien rassurez-vous, on va quand même pouvoir faire quelque chose de vous ! ? Moi aussi, je passe le plus clair de mon temps à travailler ailleurs que sur mon blog. Mes horaires de travail et les transports m’éloignent de chez moi de 8h  le matin à 19h30 le soir. Pourtant, dans ce laps de temps, j’ai le temps d’étudier mes langues. Voilà comment je m’y prends.

 

Profitez des temps morts

Vous savez, ce sont ces moments pendant lesquels nous n’avons pas d’autre choix que d’attendre que le train avance, que que le métro n’arrive à la bonne station ou que le covoitureur nous dépose devant le boulot. Ce sont des moments dont vous pouvez réellement tirer profit ! Plutôt que de voguer sans fin et sans but sur Facebook ou sur des vidéos de chats, pourquoi ne pas utiliser votre appli préférée pendant 15 minutes ? ⌚

C’est ce que je fais dans le métro le matin et le soir. Il y a deux principaux avantages à cela. Premièrement, cela me permet de m’isoler de l’atmosphère oppressante du wagon. Deuxièmement, j’arrive à travailler 30 minutes par jour sur mes langues. En général, je travaille sur deux langues. Une le matin et une le soir. Si vous apprenez une seule langue, imaginez à quel point vous pouvez décupler vos efforts en suivant cette méthode ! Vous parviendrez à des résultats très vite, c’est évident. Pour vous dire les choses telles que je les pense, il est inefficace de travailler moins de 15 minutes d’affilée par jour. ?

 

Profitez des activités passives

Kesako, les activités passives ? ? Ce sont toutes ces précieuses minutes de la journée où votre corps travaille mais où votre esprit est totalement libre. Par opposition aux temps morts que j’évoquais précédemment, cette fois-ci vous êtes en train de marcher pour rejoindre votre bureau, vous faites votre jogging, vous déjeunez à la cantine. Imaginez combien de temps vous pouvez étudier quand vous mettez bout à bout toutes ces opportunités.

Seulement, vous ne pourrez pas faire les mêmes choses que pendant les temps morts. Les activités passives exigent que vous conserviez tout de même votre attention ailleurs que sur votre mobile ou votre livre. Le format idéal ici pour progresser est donc les podcasts. Vous en trouvez de toute sorte sur le web. Une myriade d’entre eux sont conçus pour les débutants, mais tous les niveaux trouveront leur bonheur.

Je ne suis pas en train de vous dire de vous compliquer la vie à outrance en délaissant complètement vos petites habitudes quotidiennes. Mais voyez par vous-mêmes : il existe une quantité de quarts d’heure dans la journée que vous pouvez saisir ! De cette manière, il vous appartient de vous dégager du temps là où il est disponible. ?

 

Le meilleur moment de la journée quand on a pas le temps

Il a été scientifiquement prouvé que les connaissances assimilées peu de temps avant l’endormissement sont mieux intégrées par l’esprit. Voilà pourquoi on voit Chandler dans la série Friends se passer une cassette pour arrêter de fumer pendant son sommeil.  Ainsi, non seulement cette cassette a un impact profond chez lui mais en plus il lui apprend devenir une femme forte. Vous souvenez-vous de cette scène (saison 3 épisode 18) ? ? Si oui, laissez-nous vos commentaires !

Vous l’aurez compris, le meilleur moment pour se passer une petite leçon est juste avant d’aller se coucher. Profitez de ces 15 minutes de calme pour étudier un peu. Endormez-vous en repensant à ce que vous venez de voir et réveillez-vous en faisant ce même effort de mémorisation. Vous verrez … ça marche vraiment ! ? Je m’oblige à le faire tout le soir dans la langue que je galère le plus à apprendre : le russe !

 

Ménagez-vous

Vous avez du temps devant vous ? Tant mieux ! Vous allez pouvoir faire plein de choses, passer des heures à étudier pour aller plus vite, dévorer tous les livres qui existent sur le sujet… NOOON ! Ne prenez pas ce risque, cela risquerait de vous dégoûter ! En réalité, ce n’est pas vous qui dicterez le temps que vous passerez à étudier … mais votre motivation qu’il faut absolument ménager ! Rappelez-vous régulièrement ce qui vous anime. Se rappeler la beauté de paysages est une façon de faire.

 

Préservez votre motivation

Elle seule pourra vous faire avancer. Nous disposons tous d’un capital motivation et il est certain que si vous attaquez trop fort, en passant un temps considérable devant votre appli ou votre bouquin, vous allez vous ennuyer très vite et peut-être même … abandonner.

Ce fut mon cas dans mes premières années. J’étais passionné par les nouveaux mondes que je découvrais. Je voulais en savoir toujours plus. J’ai découvert le suédois d’abord, puis je me suis intéressé au danois, aux langues eskimo… Je me suis complètement perdu. Non seulement, je ne suis pas parvenu à apprendre le suédois mais aucune autre langue non plus. J’ai voulu aller trop vite et je n’ai atteint aucun de mes objectifs. Pourtant, j’y mettais tous mes efforts. J’ai bousculé mon manque de motivation pour continuer à avancer mais au bout de quelques mois j’ai complètement lâché l’affaire. Je n’ai repris que 8 ans plus tard parce que l’envie d’apprendre était toujours présente en moi.

Alors soyez conscients de tout cela avant de commencer et allez-y a petites doses !

 

Variez vos ressources

C’est une excellente façon d’entretenir sa motivation ! Très vite, vos outils de travail risquent de vous “gonfler” et le plaisir que l’apprentissage est censé vous procurer se transformera en calvaire. Pour éviter d’en arriver là, je vous conseille d’étendre au maximum vos ressources.

Plutôt que de se contenter d’une application ou d’une seule méthode, privilégiez les supports télévisuels. Cela peut passer des vidéos sur YouTube, des reportages documentaires ou même des films. Peu importe qu’ils soient dans la langue que vous apprenez ou non. Le seul but est de faire remonter la jauge de votre envie ! Quand j’apprends l’espagnol et que l’ennui commence à me gagner, je fonce aussitôt regarder les locations d’appartement pour mon été à Valence pour requinquer ma motivation. Pourquoi pas, hein ?

 

Voilà c’est tout pour aujourd’hui ! ? Je complète dimanche prochain cet article avec la partie 2. N’hésitez pas à laisser vos commentaires juste dessous, j’y répondrai très volontiers.  Et mettez un “like” sur Facebook ou Twitter, ce serait top  🙂

A bientôt les amis,

Paul

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