Apprendre le chinois : 10 erreurs à éviter absolument

Apprendre le chinois : 10 erreurs à éviter absolument

Avec l’ascension fulgurante de la Chine au cours des dernières années, le mandarin est de plus en plus en train de s’imposer comme une langue incontournable. Pourtant, de nombreux apprenants se heurtent à un mur de difficultés dans l’apprentissage de cette langue et abandonnent rapidement. Voyons ensemble les 10 erreurs les plus communes quand on commence à apprendre le chinois (mandarin) et comment les surmonter.

Note : cet article vous est présenté par Alex du blog Chinois Tips. Il nous y livre ses secrets sur cette langue et ses meilleures recettes pour commencer à parler chinois mandarin en quelques mois.

 

#1 Passer trop de temps à l’école

Je sais que ça peut paraître contre-intuitif, mais l’école est le pire endroit possible pour apprendre le chinois.

Vous voyez, apprendre une langue c’est un peu comme apprendre à jouer d’un instrument de musique : Le ratio pratique/théorie est d’environ 80/20. Or, s’assoir silencieusement dans une salle de cours et écouter un professeur parler n’est pas franchement l’environnement idéal pour maximiser la pratique.

Surtout qu’il existe maintenant énormément de ressources pour pratiquer le chinois sans avoir besoin de mettre un seul pied dans une école de langue. Podcast, applications, plateforme d’échanges linguistiques etc … La liste est longue. Jetez par exemple un œil à mes ressources pour autodidacte pour vous faire une idée.

Evidemment je ne dis pas qu’il faut arrêter de prendre des leçons avec un professeur. Je dis juste que les cours de langues ne sont qu’une ressource parmi d’autres, qu’un endroit pour poser vos questions, qu’une opportunité pour vérifier que vous avez bien compris ou pour récupérer des devoirs/exercices. Ne basez pas tout votre apprentissage uniquement dessus !

 

#2 Sauter l’étape « phonétique »

La prononciation est toujours l’étape numéro 1 dans l’apprentissage d’une langue. Le mandarin ne fait pas exception. Pourtant dans l’esprit de beaucoup d’apprenants, apprendre le chinois est souvent synonyme d’apprendre quelque chose qui ressemble à ça :

Ecriture cursive chinoise

L’écriture cursive (草书) sans doute l’une des plus belles formes d’expression écrite chinoise.

Sauf qu’avant d’être capable de lire et comprendre le système écrit, il faut d’abord apprendre à prononcer les sons des mots chinois correctement. Or, comme il n’y a pas de lien entre les caractères et leurs prononciations, apprendre à maîtriser les « pinyin » (Système de romanisation des caractères chinois) est une étape à ne surtout pas négliger.

Et même si à première vue les pinyins semblent « faciles » à prononcer, en réalité il y en a beaucoup qui sont difficiles à distinguer pour une oreille francophones (notamment les syllabes nasales). Prendre de mauvaises habitudes à cette étape est donc une erreur qui coûte cher par la suite.

#3 Ignorer la grammaire

On entend souvent que la grammaire chinoise est facile à apprendre car il n’y a ni genres, ni déclinaisons ni même conjugaisons. Le rêve ! C’est vrai que dit comme ça, on pourrait penser que la grammaire en chinois ne devrait pas poser trop de problèmes. Sauf qu’en réalité ce n’est pas aussi facile que ça en a l’air. Déjà parce que même si la grammaire est moins complexe, elle n’est pas pour autant plus facile et le contexte va jouer un rôle très important. Par exemple sans conjugaison, c’est le contexte qui va définir le temps dans une phrase.

Ensuite, parce que le sens des mots va changer en fonction du contexte. Si vous cherchez dans un dictionnaire franco-chinois, vous verrez qu’un grand nombre de mots chinois se traduisent exactement de la même manière en français. D’ailleurs, c’est pour cela que « Google traduction » a autant de mal à traduire la langue chinoise.

Traduction google chinois

Certains mots chinois pris hors contexte peuvent avoir des sens complètement différents

 

#4 Apprendre passivement

Parlons un peu de pratique. L’une des erreurs les plus courantes est de confondre pratique « active » et pratique « passive ».

La pratique « active », c’est par définition quand vous êtes « activement en train de traiter de l’information ». C’est par exemple avoir une conversation entièrement en chinois (même si ce n’est que quelques minutes), faire une dictée phonétique (en transposant à l’écrit tous les pinyins que vous entendez) ou traduire un texte du chinois vers le français (ce n’est pas forcément produire du chinois). Au contraire, regarder un film c’est de la pratique passive car vous n’êtes pas en train de traiter activement de l’information. Et vous pourriez regarder 4h de films chinois par jour que ça ne changerait pas grand-chose à votre niveau au final.

Evidemment je ne dis pas que regarder des films ou écouter de la musique chinoise est inutile. Je dis simplement que ça ne donne pas autant de résultats que de la « pratique active ». C’est comme pour progresser au tennis par exemple, vous ne pourrez pas espérer vous améliorer en regardant uniquement des matchs de Federer à la TV. C’est en passant des centaines d’heures de « pratique active » sur le cours que vous obtiendrez des résultats.

 

#5 « Je parlerai chinois quand j’aurai un bon niveau à l’oral ! »

De nombreux apprenants négligent l’importance de l’expression orale en chinois. C’est particulièrement le cas des étudiants qui passent beaucoup de temps en école de langue (cf erreur #1). Le piège c’est de se dire « je m’entrainerai à parler quand j’aurais un bon niveau à l’oral ».

Or, c’est justement en parlant qu’on obtient un bon niveau et l’expression orale s’acquiert essentiellement par mécaniques. Donc c’est à force d’avoir des conversations sur les mêmes sujets que votre cerveau va mécaniquement se mettre à penser en chinois.

C’est d’ailleurs ici qu’avoir un ami, un tuteur ou un correspondant chinois va prendre toute son importance. L’idéal est de pratiquer avec un tuteur (payant) ou avec un correspondant chinois (gratuit). Dans les 2 cas l’idée est toujours la même : Converser un maximum pour développer vos mécaniques à l’oral.

Pour trouver un correspondant chinois, je vous conseille d’aller faire un tour du côté de la plateforme Italki et de vous inscrire aux cours qui vous ressemblent. Faites aussi un tour par la plateforme Chinois Tips pour y trouver de nombreux correspondants chinois à la recherche d’un ami français avec qui pratiquer.

 

#6 Apprendre tout par cœur

Combien de temps avez-vous passé à apprendre par cœur vos verbes irréguliers anglais pour au final tout oublier juste après l’examen ? Le « par cœur » reste encore une pratique très courante dans l’apprentissage des langues. C’est particulièrement le cas en Asie ou les étudiants sont incités à mémoriser par cœur des quantités folles de vocabulaire, voire même des phrases entières afin de réussir les examens de langues.

Etude chinois élèves chinois

Heure d’étude personnelle supervisée dans un lycée chinois (mémoriser, mémoriser, mémoriser … )

Résultat ?

La plupart ne sont pas capable de tenir une conversation basique en anglais car ils ont soit tout oublier, soit aucune idée de comment utiliser cette masse de vocabulaire.

Par contre, tous affichent d’excellents résultats à leurs examens de langue faisant ainsi la fierté dans les statistiques du gouvernement. L’apprentissage par cœur peut fonctionner mais c’est l’une des pires façons d’apprendre une langue (et aussi l’une des plus ennuyantes). Surtout qu’en mandarin, il y a beaucoup de mots qui ont la même signification (cf erreur #3).

Apprendre sans comprendre ne vous servira donc pas à grand-chose (à part réussir l’examen) et vous aurez des difficultés à vous faire comprendre dans une vraie conversation.

 

#7 Ne pas apprendre à lire les caractères chinois

« Mon but c’est de parler chinois, j’apprendrai les caractères plus tard !»

Sans doute le piège dans lequel il est le plus facile de tomber quand on débute en chinois mandarin, celui de penser que les caractères sont « en option » et que vous irez plus vite en vous concentrant d’abord sur l’oral.

Mauvaise idée !

C’est dans l’écrit que réside toute la richesse de la langue chinoise. Ne pas étudier les caractères chinois est l’assurance de ne plus être capable d’apprendre un seul nouveau mot de vocabulaire passé le niveau intermédiaire (ou de devoir repartir de zéro lorsque l’on réalisera son erreur). Le problème, c’est que la plupart des méthodes conventionnelles sont basées sur de la répétition en masse.

D’ailleurs, presque tous les manuels de chinois fournissent un cahier d’écriture avec des lignes de caractères à recopier. Or, recopier des lignes et des lignes de caractères, en plus d’être chronophage, est extrêmement inefficace. Surtout qu’il existe de nombreuses astuces et raccourcis pour apprendre les caractères chinois efficacement sans devoir en recopier des tartines.

 

#8 Négliger la pratique des tons

Voici l’erreur la plus difficile à rattraper dans l’apprentissage du mandarin : Négliger l’apprentissage des tons ! On a tous cet ami qui a appris le chinois et qui nous répète sans cesse que les tons ce n’est pas important, qu’il suffit de bien prononcer les pinyins pour se faire comprendre à l’oral etc … C’est l’erreur fatale en mandarin !

Tons chinois

Les 4 tons chinois : Le cauchemar des étudiants à l’oral !

Le problème c’est que les natifs se basent essentiellement sur les tons pour se faire comprendre à l’oral. Mal prononcer le pinyin sera donc toujours moins grave que mal prononcer le ton d’un mot. Il y a même des régions de Chine où les pinyins se prononcent légèrement différemment (par exemple le Sichuan qui mélange un peu les « zh » et les « c ») sans que cela ne gêne à la compréhension.

Les tons sont les fondations de l’oral en chinois et les négliger, c’est se condamner à ne jamais se faire comprendre. Surtout que c’est extrêmement difficile à rattraper comme erreur. Cela reviendrait à réapprendre entièrement votre vocabulaire à partir de 0 ! Maitriser les tons devrait donc être votre priorité absolue dans l’apprentissage du mandarin.

 

#9 Ne pas être régulier

Apprendre une langue c’est un peu comme courir un marathon. Rien de sert de sprinter dès les premières minutes de course, il vaut mieux courir lentement mais à un rythme régulier sans s’arrêter jusqu’à la ligne d’arrivée.

L’erreur courante ici c’est de vouloir étudier trop de chinois en une seule fois. Par exemple passer 4h chaque samedi à « bucher » vos caractères ou votre vocabulaire est le meilleur moyen de ne rien retenir. Non seulement parce que c’est trop d’effort d’un coup, mais aussi parce que vous ne pouvez assimiler qu’une quantité limitée de vocabulaire par session.

Pour progresser efficacement, il vaut mieux « étudier peu mais souvent ». Donc oubliez vos longues sessions du week-end et concentrez-vous plutôt sur la création de petites routines quotidiennes. Par exemple étudier 10 minutes de chinois le matin, 15 min après la pause déj et 15 min chaque soir avant de dormir donneront de bien meilleurs résultats que 6h chaque week-end.

#10 S’enfermer dans une bulle d’expatrié

Enfin, l’erreur la plus classique chez les occidentaux expatriés en Chine : S’enfermer dans une « Bulle d’expatrié ». 

Même si c’est un sentiment naturel de vouloir se rapprocher de « sa communauté », c’est aussi le meilleur moyen de parler sa langue maternelle toute la journée. Et le problème, c’est qu’une fois que vous êtes pris au piège, il y a un effet « boule de neige » qui s’enclenche. Plus vous fréquenterez d’occidentaux, plus il sera facile de se faire encore plus d’amis occidentaux.

C’est particulièrement le cas dans les grandes villes comme Pékin ou Shanghai ou il y a carrément des résidences entières réservées aux expatriés. Je vous conseille d’ailleurs l’excellente vidéo de mamahuhu tournée dans l’un des secteurs de Shanghai les plus fréquentés par les européens pour vous rendre compte du phénomène.

Youtube Mamahuhu

 

Conclusion

Nous y sommes, vous connaissez maintenant les principales erreurs à éviter pour apprendre le chinois mandarin rapidement et efficacement. En réalité, la liste est encore longue. On pourrait parler des nombreuses différences culturelles qui rendent parfois la communication avec des natifs chinois difficiles.

A lire aussi >> Parole d’expat’ : apprendre le chinois

Si cet article vous a plu, laissez-en commentaire ce qui vous bloque le plus dans l’étude de cette langue !

Parole d’expat’ : apprendre le chinois

Parole d’expat’ : apprendre le chinois

Aujourd’hui dans Parole d’expat’, on s’intéresse au chinois. Cette langue, aux contours d’extrême orient, est en passe de devenir la lingua franca de demain. Je vous propose de découvrir les trésors que recèle cette langue mais surtout comment l’apprendre ! Max, un expatrié français à Taïwan a accepté de répondre à quelques questions sur son expérience avec la langue de Confucius.

Chinois, mandarin, cantonais … de quoi parle-t-on ? ?

Largement parlé à travers le globe, le mandarin occupe la première place du podium mondial en nombre de locuteurs. On estime que 897,071,810 personnes l’utilisent comme langue maternelle et qu’il est la deuxième langue de  193,880,000 autres terriens. De fait, le mandarin est parlé dans toutes les provinces chinoises et est très largement appris à l’étranger. C’est pas vrai ? 😉

Ca fiche quand même le tournis ! D’ailleurs, le test de chinois reconnu dans le monde entier, le HSK (Hanyu Shuiping Kaoshi – 汉语水平考试) est tout en mandarin !

Le cantonais, lui, est parlé par 53 millions de chinois, et par 63 millions de personnes dans le monde. On le retrouve majoritairement dans la province de Guangdong. La carte ci-dessous colorise les foyers linguistiques.

Cartes des langues chinoises (Source : Wikipedia)

Interview : Max et Taïwan

Sur le bout de la langue est allé à la rencontre de Max, expatrié français à Taïwan depuis 2 ans. Un grand merci à lui pour ses réponses.

SLBDLL : Salut Max, peux-tu nous dire qui tu es et pourquoi le chinois est important dans ta vie ?

Je m’appelle Maxime, j’ai 30 ans, diplômé d’une licence de langue Anglais-Chinois, je vis actuellement à Taïwan avec ma femme où j’enseigne l’anglais.

Le chinois est important dans ma vie, tout simplement, car je vis à Taïwan et donc je m’en sers tous les jours. De plus ma femme est Taïwanaise, c’est donc indispensable pour moi. Elle s’est d’ailleurs mise au Français ! ^^

SLBDLL : Quels seraient tes conseils pour bien commencer à apprendre la langue ?

Pour bien débuter, surtout ne pas avoir peur si on se sent dépassé : apprendre à la fois à lire, écrire et parler, ça fait beaucoup de choses d’un coup. Il n’y a pas de secret, ça vient avec la pratique. Le mieux pour apprendre est évidemment de partir étudier en Chine ou à Taïwan, en plus de progresser beaucoup plus vite, l’expérience de vie est vraiment époustouflante, autant par les rencontres que les paysages.

Max (manque sa casquette)

SLBDLL : C’est quoi le plus dur à maîtriser selon toi en chinois ?

Pour moi, le plus dur à maîtriser est l’écrit, je ne sais même pas si c’est possible, sachant que j’ai déjà vu des étudiants Chinois encore s’entraîner à écrire des caractères 😀

SLBDLL : C’est comment la Chine et Taïwan ?

J’ai passé plus de trois ans de ma vie en Chine, c’est vraiment un pays étonnant, autant par son respect des traditions, ses villes gigantesques, sa campagne magnifique.  Il n’y avait pas un jour où je ne voyais pas quelque chose de fou.

Taïwan est comme un mixte de culture chinoise, américaine mais surtout japonaise. Les gens sont polis et les villes sont propres, ce qui donne un cadre de vie tout à fait exceptionnel.

SLBDLL : Tu penses qu’apprendre le chinois peux te mener à comprendre d’autres langues ?

Le chinois partage beaucoup de caractères avec le Japonais, c’est pas pour autant que je peux lire le japonais mais je reconnais pas mal de mots dans les mangas par exemple.

SLBDLL : c’est quoi ta meilleure expérience à Taïwan ?

Ma meilleure expérience à Taïwan est surement quand je suis arrivé la-bas pour la première fois. Je suis parti en échange universitaire mais les dortoirs n’étaient pas encore ouverts. Une étudiante Taïwanaise m’a tout simplement invité à séjourner chez elle en attendant. Au final, je suis resté presque 2 mois en attendant de trouver une colocation car le dortoir ne me convenait pas.

SLBDLL : t’as remarqué des bizarreries culturelles là-bas ?

Trop pour toutes les citer j’en ai peur, entre les camions des éboueurs qui font de la musique pour que les gens viennent sortir leurs poubelles à Taïwan, ou les gens qui crachent par terre tout le temps en Chine, dépaysement assuré.

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