Quand je repense à mes années collège et lycée, je me dis que je n’étais vraiment pas fortiche en allemand à cette époque. Sans être mauvais, je crois que je n’avais pas percé le mystère de la langue. Apprendre l’allemand, ce n’est pas qu’une question de vocabulaire et de grammaire. Il y a tout un rythme à comprendre – une mélodie propre à la langue. En résumé, apprendre l’allemand c’était pour moi une sorte d’épreuve entre les déclinaisons à connaître et la montagne de vocabulaire à ingurgiter.

Quelques années ont passé depuis, hélas, mais je comprends mieux maintenant ce qui me freinait. Je pense que l’on s’attardait sur des éléments au détriment d’autres. Tous sont importants, certes, mais il faut trouver un équilibre. Par exemple, celui ou celle qui maîtrise à fond les déclinaisons aura-t-il un meilleur niveau que son camarade qui a une meilleure compréhension orale ? Vous voyez, la comparaison n’a pas de sens. L’intérêt c’est d’être globalement capable de s’en sortir. Savoir écrire à la perfection mais rien piger à l’oral ne vous mènera pas très loin.

Pour éviter de perdre son temps ou alors d’avoir un niveau complètement déséquilibré, je vous propose aujourd’hui de découvrir comment apprendre l’allemand. Je donnerai d’abord des conseils sur la grammaire puis sur le vocabulaire ensuite. Et pour que vous soyez gonflés à bloc à la fin de l’article, je vous montrerai quelles ressources j’utilise au quotidien pour devenir le König ! C’est un gros morceau aujourd’hui qui vous attend mais je vous promets que vous n’avez encore rien lu de pareil. Let’s get los !

apprendre Allemand débutant

Si vous débutez avec l’allemand, il y a trois choses qui vous ont surement frappées :

  • La prononciation
  • La complexité des phrases
  • La longueur de certains mots
  • la difficulté des déclinaisons

C’est pour cette raison que beaucoup de personnes imitent l’allemand comme des nazes avec un accent sévère et burlesque.  Mais bon, quand on a été bercé par Louis de Funès, on les pardonne. En tout cas, il y a de quoi être un peu freiné quand on décide d’apprendre la langue. Il y aussi le fait que tout le monde vous prévient que l’allemand c’est la langue des intellos et qu’il vaut mieux prendre l’espagnol pour s’éviter une taule au lycée. Ça vous parle tout ça ?

Et puis pour enfoncer le clou, il y a aussi ceux qui vous diront qu’apprendre l’allemand ne sert à rien. Ce que je peux vous dire tout de suite, c’est qu’après avoir passé plusieurs années en Allemagne et en Autriche, l’allemand est TRÈS loin d’être inutile. Mais c’est un autre débat ! Allez voir cet article, si vous voulez savoir pourquoi il faut apprendre l’allemand.

Revenons à nos moutons ! Vous voulez apprendre la langue allemande et vous n’êtes pas au top. Cette partie est faite pour vous si vous :

  • avez eu des cours dans votre jeunesse et vous avez tout lâché depuis
  • vous êtes un peu intéressés à la langue sans jamais aller plus loin
  • commencez l’allemand de zéro.

Attachez bien vos ceintures car je vous donne la meilleure recette possible pour réussir à apprendre quand on est débutant ou faux-débutant (quand on s’y remet quoi). Après, je ne vais pas vous mentir, vous ne serez pas bilingue demain. Pour parler comme un natif, il faut étudier sérieusement, régulièrement et sans fausse excuse pour lâcher l’affaire au bout de quelques jours. Mon article s’adresse aux motivée(s) uniquement.

Votre mémoire a-t-elle conservé quelque chose ?

C’est toujours la première question à se poser quand on reprend l’étude d’une langue. Non pas que vous allez vous rendre compte que vous êtes un génie des langues sans le savoir. Mais disons que vous ne pouvez pas savoir ce que votre mémoire a stocké. Des mots, des phrases entières, des points de grammaire, vous n’avez pas idée de la puissance de la mémorisation. C’est pourquoi, vous devez vous mettre en condition.

Je vous propose un court exercice. Quand vous lirez les mots « A VOUS » juste après ce paragraphe, vous arrêterez de lire et ferez ce petit test tout mignon :

  • Présentez-vous (nom, âge, famille, job, etc)
  • Regardez autour de vous et essayer de nommer trois objets/choses en allemand. Tout est bon à prendre ! Les fenêtres, les portes, les théières, les ordinateurs, les canapés… tout !

Si vous séchez, ça n’a pas d’importance. Je vous dis pourquoi dans un instant. En attendant, efforcez-vous de faire le test sérieusement, vous risqueriez de vous surprendre vous-mêmes.

 

« A VOUS »

 

Alors ça fait quel effet ? J Je suis sûr qu’une majorité d’entre vous a été capable de sortir quelques mots. Ça fait du bien, je sais. Et ce n’est qu’une infime fraction de ce que vous avez mémorisé. Pour celles et ceux qui n’ont rien pu sortir, vous avez la clé vers votre première leçon. Apprendre une langue étrangère sert à communiquer avec d’autres personnes. Etre en mesure de se présenter est la première pierre à poser. C’est aussi la plus facile.

Le vocabulaire requis est parmi le plus fréquent (père, frère, je suis, XX ans, je travaille dans, etc). C’est pareil dans toutes les langues. Savoir décrire ce qui se trouve autour de soi est aussi super important. Quand vous utiliserez l’allemand pour voyager ou pour travailler, vous aurez besoin de mettre un nom sur ce qui vous entoure. Mais il a y un moyen d’être rapidement efficace, et je vous le donne quelques paragraphes plus bas.

Allez, je vous propose un dernier petit test maintenant que votre cerveau est à nouveau branché en allemand. Quand vous lirez « A VOUS », je vous demande de sortir trois verbes allemands. Bien sûr, ils doivent être différents de ceux utilisés pour votre présentation personnelle. Prêts ?

 

« A VOUS »

 

Cette fois-ci, tout le monde a réussi, j’en suis sûr. Vous remarquez sûrement que votre cerveau n’a pas fait un « reset » de vos connaissances. Il en reste un bon paquet, là, quelque part, prêtes à être exploiter.

Apprendre l’allemand : étapes indispensables

Voilà ce qu’il faut retenir de cette première leçon :

  1. Sachez vous présenter et vous pourrez présenter n’importe qui et n’importe quoi. Il vous suffira de changer les personnes (par exemple : je devient tu).

 

  1. Attachez-vous à n’apprendre que le vocabulaire essentiel. C’est-à-dire le vocabulaire le plus fréquent de l’allemand. Je vous donne la liste complète pour atteindre le niveau A2 à la fin de cet article. Le meilleur plan possible c’est d’arriver à ces objectifs-là :
    • Deux premiers mois : connaître les 200 premiers mots de vocabulaire = 3 nvx mots/j
    • De 3 à 6 mois : connaître les 500 premiers mots
    • De 6 mois à un an : connaître les 1200 premiers mots

 

  1. Concentrez-vous sur les verbes. L’allemand fonctionne comme l’anglais à ce niveau-là. C’est-à-dire que le sens de la phrase est principalement porté par les verbes. S’il y a bien un élément de vocabulaire et de grammaire que vous devez avoir en tête, ce sont eux ! Vous ne me croyez pas ? Regardez l’exemple ci-dessous :
  • Mettre les mains dans la poche = die Hände in die Taschen stecken
  • Mettre les coudes sur la table = die Ellbogen auf den Tisch stützen
  • Mettre les mains en l’air = die Arme hochheben

Voilà pour la toute première étape. On continue et on s’attaque à un autre morceau, la grammaire !

Commencer avec la grammaire allemande

J’ai coutume à dire que la grammaire c’est l’huile dans les rouages. En gros, ma logique c’est qu’on pourrait se débrouiller qu’avec le vocabulaire mais ça sonnerait comme ça :

« Moi vouloir manger »

Tout le monde comprend le message mais les rouages (les mots) ne fonctionnent pas les uns avec les autres. Quand on met un peu d’huile (grammaire) dans tout ça, on obtient :

« Je veux manger »

Ça sonne déjà mieux. C’est pour cette raison que la grammaire est importante mais que vous n’aurez pas besoin de toute une palette d’huiles différentes pour commencer.  Il faut s’en tenir à l’essentiel et voilà ce que c’est.

Les temps de l’allemand

En fait, tout n’est pas si difficile qu’il n’y paraît en allemand. Parmi les choses incontournables pour parler couramment on trouve les temps (passé, présent, futur). Ils occupent une place super importante dans la fluidité et la construction des phrases. Mais le truc génial en allemand, c’est que les temps sont :

  • simples à apprendre
  • peu nombreux
  • très proches du français

Par conséquent, là où l’anglais est pénible à apprendre avec ses 12 temps, l’allemand lui ne vous causera pas de cheveux blanc. Quand vous commencez l’allemand, je vous conseille de vous focaliser sur les deux temps les plus utilisés que sont :

  • le présent : Ich lese das Buch « Je lis le livre ».

– Construction : pas  de surprises, il suffit d’apprendre les terminaisons et les appliquer.

– Utilisation :  comme en français ! 🙂

  • le perfekt : Ich habe das Buch gelesen « j’ai lu le livre ».

– Construction : on met l’auxiliaire haben suivi du verbe que l’on veut conjuguer au perfekt (3ème colonne des verbes irréguliers OU verbe précédé de « -ge »

– Utilisation : comme en français !

La grammaire vraiment utile

Ce qu’il faut viser, c’est la maîtrise des principales tournures de phrase. Celles qui vous aideront vraiment à anticiper n’importe quelle situation :

Le but

Pour exprimer l’idée « Pour/ Pour que ». Si vous ne deviez retenir qu’une seule construction c’est la forme en um..zu.

Exemple : je suis arrivé vite pour te voir => Ich bin schnell angekommen um dich zu sehen.

la condition

On cherche ici à dire « Si ». Deux options s’offrent à vous. L’un avec wenn, l’autre avec ob.
  • Avec ob, pour poser une condition sous forme de question indirecte.

Exemple : Je ne sais pas s’il est content => ich weiss nicht, ob er froh ist oder nicht.

  • Avec wenn, pour poser une condition simple.

Exemple : Si tu restes tranquille, nous irons au cinéma => Wenn du ruhig bleibst, werden wir ins Kino gehen.

L'opposition

« Mais » qui est identique en allemand avec « aber ».

Exemple : Ils sont là-bas mais ils ne nous voient pas => sie sind dort, aber sie sehen uns nicht.

L'énumération

« Plus / moins » avec le mot passe-partout mehr (+) et weniger (-).
  • Avec mehr pour ajouter des éléments dans le sens de « plus »

Exemple : Je veux plus de livres ici => ich will mehr Bücher hier.

  • Avec weniger pour enlever des éléments pour dire « moins »

Exemple : Nous sommes moins nombreux qu’avant dans ce club => wir sind weniger in diesem Klub als vorher.

Pour conclure cette partie, nous aurions pu ajouter les :

  • les repères dans le temps « Avant / après / en même temps » avec « vorher / nachher / gleichzeitig »
  • les repères dans l’espace « Devant /derrière / à côté de » « vor, hinter, neben ».

Nous aurons l’occasion de revenir sur ces différents points, rassurez-vous. 🙂

Avoir une bonne prononciation dès vos débuts

Dans un article dédié à la prononciation, je vous donnais quelques pistes pour vous aider à la développer. En cliquant sur le lien, vous découvrirez également le secret d’un bel accent. Pour l’heure, ce qui compte c’est que vous commenciez dès à présent à bien articuler les mots et phrases. Avoir une bonne prononciation a plusieurs intérêts :

  • vous n’aurez à ré-apprendre des mots plus tard dans votre apprentissage
  • il vous sera bien plus facile de reconnaître les mots à l’oral si vous utilisez leur bonne prononciation

Les deux techniques à utiliser

Pour faire simple, je dirais qu’il y a deux réflexes que vous devez acquérir au plus vite. Apprendre l’allemand, ce n’est pas seulement lire, ou écrire ou parler ou écouter. C’est tout ça à la fois. Même si ça semble tendu, c’est plus facile qu’il n’y paraît !

Les deux techniques à utiliser pour apprendre l’allemand quand on est débutant sont :

  • la répétition
  • l’imitation

La répétition

Cette technique consiste à répéter une phrase que l’on vient d’étudier. Bien souvent, ce sera une phrase choisie au hasard dans un texte. Enregistrez-vous en train de prononcer la phrase. Vous constaterez vous-même que la prononciation peut gagner en qualité. Répétez encore et encore la même phrase jusqu’à ce que vous arriviez à un résultat satisfaisant.

Encore une fois, vous serez le seul juge de votre progression. C’est astreignant, oui, ça on sait, mais ça marche vraiment. Faites l’effort de vous enregistrer à chaque fois que vous prononcez la phrase. Quand vous détiendrez l’enregistrement parfait, vous pourrez arrêter. En général, il faut s’y reprendre à 4 ou 5 reprises pour être satisfait. Temps de l’opération : max 3 minutes.

La répétition apprendre une langue

La répétition est une technique efficace pour prononcer correctement.

L’imitation

Cette seconde technique est peut-être la plus naturelle pour nous les humains puisque c’est celle que nous utilisons tous au commencement de nos vies. Sans comprendre le message derrière les mots, les très jeunes enfants sont encouragés à répéter des mots pour les apprendre par la suite.

L’objectif premier vise donc à la prononciation, puis la mémorisation, puis l’utilisation du mot en contexte. Je vous propose de suivre exactement le même cheminement. Alors, écoutez n’importe quelle radio ou chaîne youtube et focalisez-vous sur une ou deux phrases. Débrouillez-vous du mieux que vous pouvez pour répéter le plus fidèlement possible ce qui vous est dit.

Même méthode que pour la répétition : enregistrez-vous et recommencez jusqu’à ce que vous soyez satisfaits.

Les ressources qui vous aideront

Je comprends celles et ceux qui me diront « ok, il est mignon mais on les trouve où les gens qui parlent allemand ? » Comme je suis bon, je vous donne plusieurs pistes. Les deux premières vous seront données dans 11 secondes, les autres sont un peu plus bas dans cet article dans le paragraphe suivant.

  • Forvo : c’est la plus grande librairie de prononciation au monde. En gros, vous tapez le mot que vous souhaitez entendre et Forvo vous le trouve. Il est d’ailleurs très commun qu’un même mot soit prononcé par plusieurs personnes. Votre oreille se fera petit à petit, vous verrez.
  • Netflix : je vais quand même pas présenter Netflix ? Non, je me doute que vous connaissiez. En revanche, ce que vous devez savoir, c’est que Netflix propose un plugin gratuit pour apprendre les langues en regardant des séries. Je suis devenu addict ! Vous pourrez retrouver notre avis sur le plugin de Netflix pour apprendre des langues sur le blog.

Quelles ressources pour apprendre l’allemand ?

Pour commencer, je dirais que l’avantage avec l’Union Européenne c’est que l’allemand devient facile à apprendre. Facile parce qu’il existe tout ce qu’il faut pour progresser. Souvent, je repense aux missionnaires qui arrivaient dans une contrée « nouvelle » et à qui on avait intimé d’évangéliser les peuples locaux.

Pour y arriver, ils devaient d’abord apprendre leurs langues. Imaginez le calvaire sans podcasts, sans livres, sans vidéo Youtube ! Heureusement, les temps ont changé (et les mœurs aussi). Nous sommes entourés de ressources très précieuses et je vous dis lesquelles se démarquent des autres.

Les livres

Je commence par les livres parce que c’est la catégorie la plus vaste que l’on puisse explorer. il en existe pour tous les goûts et tous les objectifs. La grammaire, le vocabulaire, la lecture pure et simple… j’ai fait le tour de ce que je vous recommande pour apprendre l’allemand.

  • Assimil Allemand : c’est avec ce livre que j’ai commencé à comprendre l’allemand et sa dynamique. A acheter les yeux fermés.
  • L’allemand de A à Z : LE livre à avoir près de soi en continu. Pour réviser des points en particuliers, il n’y a pas mieux. 

Les podcasts

Les applications

Je vous en recommande seulement trois parce que je ne les ai pas toutes essayées. D’ailleurs, celles que vous allez voir ont déjà largement fait leurs preuves.

  • Mondly : pour une entrée en matière bien faite et sans pression.
  • Babbel : pour une approche généraliste et poussée jusqu’au niveau B1+.
  • MosaLingua : pour bétonner votre vocabulaire et évoluer rapidement vers les niveaux supérieurs.

Les magazines

Il n’en existe pas des masses ! J’en ai utilisé deux au cours de ma vie :

  • Deutsch Perfekt : un magazine premium pour les amateurs d’allemand. C’est une publication mensuelle avec un abonnement basé sur une revue, un audio et des exercices. Un must pour atteindre un niveau plus évolué. Petite remarque : le magazine est 100% en allemand.
  • Vocable Allemand : Quand on a un petit niveau, c’est parfait. Tout est bien expliqué, les mots de vocabulaire sont bien visibles en marge du texte. Les sujets choisis sont intéressants. Le magazine est bilingue franco-allemand.