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L’essentiel de l’espagnol et sa conjugaison

conjugaison espagnole

Dans le long mais plaisant processus qu’est l’apprentissage d’une langue, la conjugaison est une étape à la fois effrayante, peu alléchante mais fondamentalement indispensable. La conjugaison espagnole a l’avantage d’avoir de nombreuses similitudes avec la française, d’être plus simple que cette dernière sur certains points, mais plus complexes sur d’autres. Pour bien trier les torchons et les serviettes, je vous propose d’aller voir de plus près ce qui est important à retenir.

Note : cet article a été écrit par un très bon copain à moi : Thibaut. J’en profite ici pour le remercier pour son article et le féliciter pour son accession au statut de professeur agrégé d’espagnol, acquis à la sueur du front et des neurones.   😉

Les groupes de verbes

Tout comme le français, l’espagnol divise ses verbes en trois groupes dont les terminaisons diffèrent. Nonobstant, le 3ème groupe n’offre qu’une seule série de terminaison, contrairement au 3ème groupe français, et pour de nombreux temps, ses terminaisons sont même identiques que celles du second groupe, ce qui est tout à l’honneur de notre troisième groupe.  🙂 Cependant en espagnol, on ne parle pas de groupes, mais de verbes en :

  • -er
  • -ir
  • -ar

Ce sont les trois terminaisons possibles des verbes à l’infinitif.

Bien évidemment, il existe de nombreux verbes irréguliers. Après tout, c’est ce qui fait le charme d’une langue car une fois mémorisés et lorsque l’on parvient à les utiliser correctement en situation, on se sent, il faut bien l’avouer, assez fier.

Les modes

Tout comme la conjugaison française, la conjugaison espagnole comprend deux modes majeurs : l’indicatif et le subjonctif. On pourrait ajouter l’impératif, pour lequel les linguistes n’ont toujours pas résolu la question, temps ou mode ? Nous ne réglerons pas la question aujourd’hui les amis ! 🙂

Néanmoins l’espagnol a le subjonctif beaucoup plus facile que le français. C’est là une difficulté majeure de l’apprenant francophone. En espagnol, le subjonctif est le mode de l’irréel, de tout ce qui n’existe pas. Il y a des cas similaires au français, par exemple :

«Quiero (indicatif) que vengas (subjonctif

Je veux que tu viennes»)

Mais d’autres pour lesquels le français n’utilise pas le subjonctif:

«Aunque vengas»

(«même si tu viens»)

Ce recours plus courant au subjonctif a une conséquence dramatique, au premier abord, pour nous : le subjonctif imparfait est un mode courant, utilisé tous les jours et par tout le monde – et donc il faut apprendre – contrairement au français. Cependant, une fois les terminaisons de ce temps apprises, il suffit de l’employer dans les mêmes cas de figure que le subjonctif présent mais dans le cadre d’un discours au passé.

En résumé, savoir quand utiliser le subjonctif et l’indicatif est l’une des grandes difficultés de la conjugaison espagnole.

Enfin, hormis le cadre de «l’irréel», quelque peu flou et subjectif, il n’existe pas de règles pour différencier l’usage des deux modes. C’est donc une question d’habitude et d’entraînement. A titre indicatif, en 5ème les élèves de LV2 espagnole se limitent a ces deux modes. Afin d’acquérir cette habitude, laissant les temps du passé et du futur pour les années suivantes de leur apprentissage.

Le temps

Vous l’aurez compris, l’espagnol fait usage de plus de modes que le français. En toute sincérité, leurs conjugaisons sont souvent plus simples. Faisons ensemble un petit tour des différents temps de l’espagnol.

Le présent

Le présent de l’indicatif est un temps comportant de nombreuses, très nombreuses, formes irrégulières. La plupart d’entre elles portent sur le radical des verbes.

  • Les verbes à diphtongues → Il en existe deux types, pour le premier le «o» du radical et pour le second, le «e» du radical deviennent respectivement «ue» et «ie» aux temps du présent (indicatif et subjonctif donc). Sauf aux première et seconde personnes du pluriel.
  • Les verbes à affaiblissement → Le «e» du radical devient un «i»,  hormis aux première et seconde personnes du pluriel du présent de l’indicatif, mais à toutes les personnes au subjonctif.

Vous suivez ? On complique:

  • Les verbes à alternance → Comprendre à alternance entre les deux irrégularités citées, puisque ce sont des verbes à diphtongue, mais qui s’affaiblissent  aux première et seconde personnes du pluriel du subjonctif.

Ces irrégularités concernent des verbes très courants (poder, querer, vestir,…..). Il n’y a qu’un seul moyen de savoir quand un verbe diphtongue, s’affaiblit ou alterne, le connaître par cœur. C’est donc une question d’usage et d’entraînement. Du travail régulier est de mise, ou mieux, un séjour linguistique.

A ces irrégularités il faut ajouter les verbes qui prennent un «g» à la première personne du singulier du présent de l’indicatif et à toutes les personnes du subjonctif, certains de ces verbes sont des verbes très basiques: tener – avoir – qui devient tengo, poner – mettre, poser – qui devient pongo, entre autres.

Il convient également de mentionner les verbes qui se finissent en -ucir (conducir – conduire – par exemple), -ocer (conocer – connaître- par exemple) qui à la première personne du singulier deviennent les victimes de la greffe intempestive d’un «z» (conduzco et conozco, respectivement).

Bref, le présent espagnol n’est pas simple à maîtriser, mais la récompense est grande: vous avez fait 95% du travail d’apprentissage du présent du subjonctif, 75% du travail d’apprentissage de l’impératif. De plus, c’est le temps qui présente le plus d’irrégularité, le plus dur est donc fait.

Les temps du passé

L’imparfait

L’imparfait espagnol est un temps vraiment très très sympa. Pour commencer, les verbes en -er et les verbes en -ir se conjuguent de la même manière. Il n’y a donc que deux séries de terminaisons à apprendre. Mais surtout, il n’y a que 3 verbes irréguliers (ser, ver, ir – être, voir et aller), qui sont des verbes dont l’apprentissage est de toute façon obligatoire tant ils sont utiles.

Le passé composé

Le fonctionnement est le même que pour le français, avec un avantage, il n’y a que l’auxiliaire avoir qui s’utilise pour les temps composés. Attention cependant, il y a deux verbes avoir en espagnol: tener, qui porte la valeur sémantique «avoir» et haber, qui remplit la valeur grammaticale, qui ne sert pratiquement que pour conjuguer les temps composés, c’est donc celui qui nous intéresse ici.

Bien sur, de nombreux participes passés très utiles sont irréguliers, sinon ce n’est pas amusant, mais ils vous serviront pour quatre temps composés.

Le passé simple

Aaaaah, le passé simple, le temps préféré des professeurs de français. Eh bien en espagnol c’est plus facile. Ce n’est pas facile, mais c’est plus facile que pour le français. Bien évidemment, les verbes les verbes les plus utiles sont irréguliers, et ces irrégularités portent sur le radical. Une fois les deux séries de terminaisons apprises (là encore les verbes en -er et les verbes en -ir, pleins de pitié pour l’apprenant, se conjuguent de la même manière), il n’y a plus qu’a mémoriser ces irrégularités.

Il est d’autant plus important de bien connaître ce temps puisqu’il sert de base à la construction du subjonctif imparfait, lequel possède non pas une mais deux séries de terminaisons – au choix du locuteur.

Il est d’autant plus important (encore) de bien connaître ce temps car il est beaucoup plus utilisé qu’en français, où l’on ne le trouve plus que dans le langage écrit. En espagnol c’est un temps très utilisé à l’oral, puisque le passé-composé ne s’utilise que lorsque l’événement passé à une influence sur le discours présent. En Amérique latine le passé-composé ne s’utilise presque pas et le passé simple est donc omniprésent pour s’exprimer au passé.

Le futur et le conditionnel

Ces deux temps sont très similaire au français dans leurs emplois et leur constructions. Ils se forment à partir de l’infinitif, pour le futur on ajoute les terminaisons du verbe «haber» au présent de l’indicatif et pour le conditionnel on ajoute les terminaisons des verbes en «ir» et en «er» de l’imparfait de l’indicatif. Il y a quelques verbes irréguliers, mais ils sont peu nombreux, l’apprentissage de ce temps ne pose donc pas de problèmes majeurs à l’apprenant français.

Conclusion

Les difficultés majeures de la conjugaison espagnole pour l’apprenant français sont donc:

    • Le présent de l’indicatif, avec ses nombreux verbes irréguliers.
    • Le passé simple, dans son emploi et sa formation puisqu’il y a de nombreux verbes irréguliers.
    • Le mode subjonctif, plus employé qu’en français et qui a maintenu l’imparfait, qui a presque disparu de la langue française.

Connaître la conjugaison espagnole demande donc du temps et du travail. Mais la récompense est grande puisque, comme en français, il s’agit d’une base structurante de la langue. La maîtriser permet donc de faire d’énormes progrès dans l’apprentissage de cette magnifique langue.

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