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La communication interculturelle

Il ne fait nul doute qu’apprendre une langue est un exercice génial et stimulant. Quoi de mieux pour s’ouvrir sur un nouveau monde ? Rien, on est d’accord  😉 Pourtant, les voyageurs que vous êtes avez déjà fait ce constat : les étrangers n’agissent et ne pensent pas comme nous. Mais de quel « nous » suis-je en train de parler ? Eh bien, le « nous » qui rassemble les gens qui partagent une même langue, les mêmes repères idéologiques et géographiques et les mêmes valeurs. Alors, cela ne nous avance pas puisque même votre voisin pourrait ne pas correspondre à tous ces critères ! Ce que nous verrons aujourd’hui, c’est que le fait d’apprendre une langue est étroitement lié avec le fait d’apprendre une culture. Les deux ne s’excluent pas, au contraire elles se complètent l’un l’une. C’est l’enjeu de la communication interculturelle.

Dès lors, si votre objectif est de devenir un véritable caméléon de la langue que vous apprenez, je vous ai concocté quelques pistes de réflexion  😉

Cet article a été réalisé dans le cadre de l’événement « des blogs et des langues » sur le thème « Comment appréhender les chocs culturels grâce à l’apprentissage d’une langue ?» Retrouvez tous les autres blogueurs ayant participé sur le blog de Chloé en cliquant ici.

De quoi parle-t-on réellement ?

La communication interculturelle émane des recherches d’anthropologues. Mais mieux qu’une page wikipedia pour vous expliquer le principe, laissez-moi vous conter une anecdote.

L’interculturalité, un art de vivre

A une époque pas si lointaine, je travaillais en Allemagne. J’étais chargé de faire la promotion des entreprises françaises au pays de la choucroute. Mon boulot consistait à mettre en relation des entrepreneurs allemands avec des producteurs français. J’organisais donc des réunions pour que chacun apprenne à se connaître. Dans le mail d’invitation que j’envoyais à tout le monde, j’écrivais :

« Réunion de travail

RDV 09h00

Café et petit-déjeuner prévus

2 rue champions du monde »

Ce qui se passait ensuite était digne d’un cartoon. Les Allemands arrivaient à 08h45. Je les accueillais, leur offrais le café et un croissant et surtout, je regardais mon portable pour savoir si les Français étaient en route. Jamais de nouvelles, bien sûr. Quand la pendule affichait 09h00, nos invités allemands prenaient place autour de la table de réunion, café terminé, papiers en ordre en face d’eux. A 09h15, les Français arrivaient, saluaient leurs homologues, puis se dirigeaient vers le buffet. Au final, la réunion commençait à 09h30.

Si l’on résume la situation, les Allemands qui étaient des clients potentiels pour les Français avaient déjà attendu 45 minutes avant que la réunion ne puisse débuter. Voilà l’exemple le plus probant de faute interculturelle ! Même quand certains Français parlaient allemand, le tort était fait, et il m’était très difficile de tirer la situation à mon avantage.

Pourquoi la communication interculturelle en plus de la langue ?

Une langue, ça se vit. Un peuple, ça se comprend. Si vous avez voyagé, je suis sûr que vous vous êtes rendus compte de toutes ces différences culturelles. Des Allemands très ponctuels, des Italiens très bruyants, des Autrichiens pas polis, des Indonésiens très tactiles … J’ai un tas d’exemples en tête. Ce qui est intéressant, c’est que ces manières de faire peuvent être anticipées.

Aller au-delà des mots pour mieux vous faire comprendre, pour ne pas être blessés ou choqués. Je me souviens très bien d’amis me disant que le Japon était un pays où tout est permis. Fort surpris par une telle remarque, j’ai voulu savoir pourquoi ils avaient ce ressenti. Ils m’ont tout simplement expliqué que les Japonais ne disaient jamais « non ».  😐  A ce moment précis, j’ai réalisé que mes amis étaient à côté de la plaque et qu’il y avait bien des manières de faire comprendre que l’on est pas d’accord.

Certains chercheurs se sont donc penchés sur ce que la langue ne peut pas enseigner. C’est notamment le cas de Edward T. Hall, un anthropologue américain. Il a dégagé des notions qui m’ont plues et que j’ai pu vérifier au cours de ma vie. Je vous en parle maintenant.

La base de la vie entre les hommes (et les femmes aussi)

J’ai choisi de vous détailler deux notions fondamentales de la communication interculturelle. Mais ne vous y laissez pas tromper, ce n’est pas parce qu’il est question de communication qu’il retourne forcément de mots sortant de la bouche. Bien au contraire, comme vous allez le voir. Les notions traitent du temps et de l’espace.

La perception du temps

Toutes les cultures du monde ne conçoivent pas le temps de la même manière. Pour certaines, « Time is money » et pour d’autres, « il faut prendre le temps ». Edward T. Hall a donc distingué deux catégories :

  • cultures monochroniques  : dans lesquelles le temps est compté, valorisé et segmenté. Chaque action est réalisée à l’achèvement d’une action précédemment identifiée.
  • cultures polychroniques : où plusieurs choses peuvent réalisées à la fois et où le temps n’apparaît pas comme une succession de petits blocs mis bout à bout mais forme plutôt un axe fluide.
Peuples monochroniques Peuples polychroniques
Font une chose à la fois Font plein de choses à la fois
Se concentrent sur une tâche devant eux Se concentrent sur un événement autour d’eux
Envisagent sérieusement les échéances (horaires, dealines) Envisagent sérieusement des objectifs (missions, buts)
N’ont pas de recul et ont besoin d’information Ont du recul et disposent déjà de l’information
Sont engagés sur leur travail et les résultats finaux Sont engagés auprès des gens et des relations
Se conforment au plan Changent souvent facilement de plan
Sont plus préoccupés par l’intimité et la propriété individuelle Sont plus soucieux de la communauté et des liens
Mettent l’accent sur des repères de temps au mépris des relations ou des circonstances Mettent l’accent sur une réponse basée sur la nature des relations et des circonstances
Ont tendance à se tourner vers des relations temporaires ou pratiques Ont tendance à construire des relations familiales qui durent à vie

Ainsi, vous aurez deviné que les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne, la Suisse, la Suède sont dans la 1ère catégorie. A l’inverse, la Turquie, l’Inde, les pays africains et les pays sud-américains sont dans la deuxième. Un bon point de départ si vous comptez vous rendre dans ces pays pour y vivre ou y travailler.

Chacun sa place

Vous êtes-vous déjà sentis gênés quand une personne vous parle de trop près ? La proximité avec une autre personne est-elle un problème pour vous ou y êtes-vous habitués ? En répondant à cette question, nous  nous engageons sur la voie de la proxémie.

En outre, Edward T. Hall  considère qu’il existe plusieurs espaces autour de nous :

  • 1. L’espace public : 7,6m
  • 2. L’espace social : 3,6 m
  • 3. L’espace personnel : 1,2m
  • 4. L’espace intime : 0,45m

En fait, quand vous considérez qu’une personne est trop proche de vous, c’est qu’elle est entrée, sans votre permission, dans l’un de ces cercles. En premier lieu dans les cultures latines, il est admis que toute personne peut entrer dans l’espace personnel. Dans les relations de travail, la poignée de main est un excellent exemple de cette distance que deux personnes veulent garder. Dans d’autres cultures, telles que celles du sud-est asiatique, l’immixtion d’un tiers dans l’espace intime est toléré. L’espace social est préféré par les cultures où les rapports humains ne passent pas souvent par un contact physique : pays germaniques et pays slaves.

Conclusion

Pour conclure : apprendre une langue, c’est top. Seulement, avec un peu de recul, vous conviendrez que connaître un peu les gens peut se révéler être un avantage. Plus question de s’énerver lorsqu’un médecin turc vous fixe un rendez-vous au « lendemain après-midi entre midi et 18 heures ». Plus question non plus de vouloir faire une grande accolade à un Islandais que l’on ne connait pas. Pour autant, ces deux exemples ne sont qu’une introduction à tout ce que la communication interculturelle a de plus « étrange » à vous apporter. Comme j’adore les anecdotes, j’attends les vôtres avec impatience (dans les commentaires)  ! 😀

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Si vous avez aimé cet article, partagez vos commentaires ci-dessous ! Et mettez un “like” sur Facebook ou Twitter, ce serait chouette  ????

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Une réponse

  1. Merci tout d’abord pour ta participation au carnaval d’articles !
    Je voulais te raconter quelques anecdotes rigolotes qui me sont arrivées en Italie :
    Quand je suis arrivée en Italie je venais d’être très malade et je venais d’avoir une angine pas cool du coup. J’ai donc pris mon dictionnaire et j’ai cherché comment on disait ANGINE => ANGINA, jusque là tout va bien.
    Puis j’explique à mes nouveaux colocataires que je suis fatiguée car j’ai eu une « angina »… et là ils me regardent avec un air de « je vois vraiment pas ce que c’est ce truc » bon… je commence à me demander si les italiens sont sujets aux angines.
    => https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais-italien/angine/3012
    Il m’a fallu un certain temps pour savoir qu’on utilisait pas du tout ce mot mais qu’en fait on devait utiliser le mot « TONSILLITE »… qui correspond en français à « amygdalite » => https://www.larousse.fr/dictionnaires/italien-francais/tonsillite/65452
    Et je ne te parle pas du mot « LIMONATA », tu sais la fameuse boisson qu’on boît en France et qu’on appelle « limonade »… je te laisserai chercher ahaha 😉
    A presto !

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